Camp de Gurs (Basses-Pyrénées)

marques

Camp de Gurs
Basses-Pyrénées
Camp de Gurs
étiquette de recommandation
Bande neutre
et griffe CENSURE MILITAIRE
Camp de Gurs
Censure (encadré)
Sureté Nationale
Camp de Gurs censure n° 4
 

Sous la IIIème République avant la guerre

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Le camp de Gurs a ouvert en avril 1939 afin d'héberger les espagnols (hommes, femmes et enfants) de la Retirada, la fuite des populations civiles et des combattants Républicains devant l'avancée des troupes franquistes.

Dès son ouverture, du fait de son importance, le camp de Gurs est doté d'un bureau de poste.

D'une capacité d'environ 19 000 places, il est constitué de barraquements organisés en ilots :

  • ilots A, B, C et D : Basques
  • ilots E et F : Espagnols non basques
  • ilots G, H, I et partiellement J : Brigades Internationales (5 000 à 7 000)
  • ilots partiellement J, K, L, M : les aviateurs qui étaient des pilotes et techniciens au sol de l'aviation Républicaine.
  • Comme dans tous les camps construits à la hâte pour l'accueil des réfugiés, les conditions de vie sont déplorables : boue envahissante, conditions sanitaires précaires, prolifération des parasites et des maladies.

    Sous la IIIème République durant les hostilités (sept. 1939 - juin 1940)

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    La composition du camp va constamment évoluer au cours de son existence au grè des mouvements d'internés (départ d'Espagnols, arrivés des Allemands et Autrichiens, des internés politiques, des juifs).

    Une partie des internés, notamment espagnols, constitue la 182ème Compagnie des Travailleurs Etrangers qui deviendra le 182ème Groupement des Travailleurs Etrangers

    Les Allemands, Autrichiens et apatrides (déchus de leur nationalité allemande par le IIIème Reich en raison de leurs opinions anti-nazies) sont désignés comme indésirables par le décret-loi Daladier du 12 novembre 1938 relatif à la situation et à la police des étrangers. Ce décret entre en application dès la déclaration de guerre en septembre 1939, mais les premiers internés Allemands n'arrivent à Gurs que début 1940.

    De mai à septembre 1940, en pleine débâcle, le camp voit affluer des internés transférés des camps des régions du nord de la Loire, souvent après une première étape via le camp des Milles près d'Aix en Provence. En effet devant l'avancée allemande, les autorités françaises ont transférés prisonniers et internés vers le sud en même temps que les administrations étaient repliées.

         
     
    Lettre envoyée le 29 novembre 1939 par un réfugié espagnol au camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne) à un compatriote au camp de Gurs (Basses-Pyrénées). La lettre est affranchie au moyen du timbre surchargé F"" distribué aux réfugiés pour leurs courriers en franchise et a été contrôlée à l'arrivée au camp de Gurs. Le timbre est oblitéré au moyen du timbre à date du bureau de poste du camps de septfonds. La bande neutre et la griffe Censure militaire sont caractéristiques de la censure appliquée au sein du camp de Gurs."
     
     
         
     
    Lettre envoyée le 21 février 1940 par un interné allemand (Ilot C, groupe allemand) à destination de New-York. La lettre est ouverte et contrôlée au moyen d'une bande neutre et de la griffe Censure militaire caractéristique du contrôle postal du camp de Gurs.
     
     

    Sous le régime de Vichy

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    Sous le régime de Vichy les juifs étangers sont internés dès la mise en place des lois sur le statut des juifs d'octobre 1940. Ainsi le camp de Gurs comme de nombreux autres camps hérités de la IIIème République devient un rouage de la politique antisémite de Vichy. Nombres d'internés indésirables sous la IIIème République étaient d'ailleurs des juifs allemands.

    La loi sur la situation des étrangers en surnombre dans l'économie nationale du 27 septembre 1940 transforme les Compagnies de Travailleurs Etrangers (basés sur le volontariat) en Groupements de Travailleurs Etranger (au sein desquels l'incorporation est forcée).

    La 182ème CTE basée à Gurs devient ainsi le 182ème GTE. Arrive également à Gurs le 722ème GTE, probablement fin 1940.

    A fin 1940, le camp de Gurs est quasiment exclusivement peuplé de juifs et d'internés politiques, les Espagnols ayant preque tous été transférés vers d'autres camps, notamment vers le camps de Rivesaltes.

    A partir d'août 1942, le régime de Vichy livre au régime nazi des milliers de juifs détenus en zone sud en vue de leur déportation en Allemagne. 3 900 juifs interné à Gurs seront ainsi envoyés au camp de Drancy en zone nord puis de la vers les camps de concentration et d'extermination.

    Le 1er novembre 1943 le camp est dissout mais il reste toutefois quelques internés : des nomades, des femmes. Tous les juifs ont été déportés.

    Les derniers internés sont libérés à la Libération de la région le 25 août 1944.

         
     
    Lettre envoyée le 28 mai 1940 du camp de Gurs à destination de la Croix-Rouge à Genève. La lettre est ouverte par la commission UP52 en charge du contrôle du courrier des prisonniers de guerre.
     
     
         
     
    Carte envoyée le 28 octobre 1940 par un juif interné à l'annexe-infirmerie de l'îlot H. Un autre courrier (copie traduite en anglais) envoyé par ce même interné nous apprend qu'il vient alors d'être transféré du camp des Milles. De l'armistice à fin 1940, le courrier est contrôlé par la commission UP, alors installée à Lyon (ici une marque UP50 avec libellé ouvert par les autorités de contrôle).
     
     
         
     
    Lettre d'une internée juive allemande à l'îlot L envoyée le 13 février 1941. Cette internée est transférée au camp de Masseube puis au camp d'Alboussière où elle est victime de la rafle du 18 février 1944. Elle fut déportée de Drancy à Auschwitz par le convoi 69 du 13 mars 1944 et mourut en déportation. La lettre a été contrôlée au camp au moyen du grand cachet oval Sureté Nationale.
     
     
         
     
    Lettre recommandée envoyée par un interné allemand au camp de Gurs. Il a initialement indiqué ilot B rectifié en ilot I, peut-être en raison d'un déménagement. La lettre porte l'étiquette de recommandation du camp et le cachet oval de contrôle du camp n°4.
     
     
         
     
    Lettre envoyée du Marseille le 12 juillet 1941 à destination d'un interné epagnol du camp de Gurs hébergé à l'ilot E. La lettre a été contrôlée au camp au moyen d'un bande neutre et d'un cachet rectangulaire Camp de Gurs Censuré que l'on trouve le plus souvent sur les courrier en arrivée au camp.