La bataille du Levant, opération Exporter

En mai 1941, une rébellion pro-nazie secoue l'Irak sous domination britannique, et les autorités allemandes se rapprochent de la France afin de s'appuyer sur le Levant français, alors sous l'autorité du général Dentz, pour soutenir cette rebellion.

  • 2 mai 1941 : coup d'état en Irak contre les britanniques
  • 3 au 6 mai 1941 : entretiens Otto Abetz - Darlan afin de permettre l'utilisation des aérodromes Syriens par les avions allemands et de livrer des armes aux rebelles syriens.
  • 12 mai 1941 : entrevue Hitler - Darlan sur l'utilisation des aérodromes syriens.
  • 28 et 29 mai 1941 : signature des protocoles de Paris entre l'Allemagne nazie (représentée par Otto Abetz, ambassadeur d'Allemagne à Paris) et la France occupée (representée par l'amiral Darlan). Par ce texte, la France de Vichy autorise notamment l'aviation allemande à utiliser les aérodromes du Levant français.
  • Avec cette décision, c'est tout le Moyen-Orient qui serait à la portée de l'aviation allemande. Les Britanniques décident alors avec leurs alliés FFL gaullistes de prendre le Levant aux forces de Vichy.

    C'est le déclenchement de l'opération Exporter qui se déroule du 7 juin au 12 juillet 1941.

  • 7 juin 1941 : entrée des troupes britanniques et gaullistes en Syrie.
  • 21 juin 1941 : prise de Damas par les Britanniques et les FFL.
  • 7 juillet 1941 : entrée des FFL à Beyrouth.
  • 12 juillet 1941 : fin des combats.
  • 14 juillet 1941 : armistice de Saint-Jean d'Acre.
  • La campagne du Levant est racontée en détail vue du côté vichyste dans l'ouvrage du Commandant Guiot, En Syrie, combat sans espoir.

    L'engagement de la bataille entraîne immédiatement la suspension des relations postales avec le Levant. Les quelques courriers qui parviennent au Levant sont contrôlés à l'arrivée par les FFL.

      

    Lettre envoyée d'Alger le 20 mai 1941 à destination d'un navire interné à Alexandrie via Beyrouth, contrôlée par l'Auslandsbriefprüfstelle g à Vienne et retournée à l'envoyeur avec la mention retour - keine Postverbindung en raison de l'interruption des relations postales avec le Levant.



    Carte interzone (modèle avec 7 lignes de texte au dos) envoyée de Taussat, Gironde (France, zone occupée), le 27 mai 1941 à destination du secteur postal 600 (Beyrouth). Le Levant ayant été pris par les alliés et les FFL gaullistes en juin-juillet 1941, la carte a subi un double contrôle allemand de l'Auslandsbriefprüfstelle g en transit à Vienne et des FFL à l'arrivée au Levant.

    La tentative d'acheminement des renforts vichystes

    Selon les Notes du Capitaine Ducrocq sur la campagne du Levant, un train militaire d'envoi de renforts avait été constitué le 17 juin 1941 à Lyon et était arrivé à Salonique le 25 juin, après avoir effectué le parcours suivant :

  • 17 juin 1941, formation d'un train militaire à Lyon, 250 hommes , matériel, munitions, qui voyagera jusqu'à Salonique
  • 18 juin, Dijon / à 18h, Alsace
  • 19 Juin, Triberg (Bavière)
  • 20 juin, Munich
  • 21 juin, Croatie, région de Zagreb
  • 22 juin, Belgrade / Nich
  • 23 juin, Uskub (Skopje), Macédoine
  • 24 juin arrêt de 24h à proximité de Salonique
  • 25 juin, Salonique, base Allemande
  • La carte ci-dessous évoque ce parcours.

      

    Carte allemande non oblitérée, datée du 21 juin 1941, expédiée par un militaire envoyé en renfort au Levant alors qu'il se trouve dans le train spécialement affrété. L'expéditeur, un caporal, indique être en Yougoslavie (le train se trouve alors, selon les notes du capitaine Ducrocq, en Croatie à proximité de Zagreb). Le texte évoque la traversée de l'Alsace, de l'Allemagne et de l'Autriche, en précisant que "le voyage est assez fatiguant" et "sera long encore". La carte a été contrôlée par la censure italienne et la censure allemande de Munich.

    Un pont aérien avait été mis en place dès mai 1941 au moyen de six bimoteurs Potez-65, une demi-douzaine de quadrimoteurs Farman 223 et 224, ainsi qu'une petite dizaine de trimoteurs civils D-338 réquisitionnés, mais qui eux firent moins de vols. Ainsi les Potez on efectué près de soixante liaisons Grèce-Liban à partir de Mai 1941, transportant indifféremment hommes, matériel ou munitions. (cf 1941 - acheminement de renforts vichystes au Levant sur le fourm 39-45.org)

    Les renforts arivés à Salonique le 25 juin sont acheminés via ce pont aérien. Le témoignagne du capitaine Ducroq évoque un vol Salonique - Alep (arrivée de nuit en Syrie) via Athènes en Farman 222 n'acheminant que quelques hommes et du matériel. Les renforts sont donc arrivés au compte-goutte à partir du 25 juin, mais en nombre insuffisant pour renverser le cours de la bataille.

    Les prisonniers de guerre et la victoire alliée

    Au cours des hostilités des prisonniers ont pu être pris de part et d'autres. L'enveloppe ci-dessous, malheureusement incomplète, porte les premières marques de contrôle FFL à Damas, provient indubitablement du Levant et est envoyée sous le régime des prisonniers de guerre.

         
     
    Enveloppe de prisonnier de guerre envoyée du Levant, comme l'attestent les marques à croix de Lorraine (type 13 et type 14 dans la nomenclature de W. Robertson, utilisés dès juillet 1941), acheminée via l'Egypte avec contrôle postal Egyptien et jusqu'à Genève par la Croix-Rouge. La lettre a ensuite été expédiée de Genève le 18 septembre 1941 à destination de la France ou elle est parvenue le 22 septembre.

    Au terme de durs combats, les alliés remportent une victoire qui se solde par la signature de la convention de Saint-Jean-d'Acre le 14 juillet 1941.