Les cartes de correspondance familiale

Les modalités de mise en place de la correspondance familiale interzones sont énoncées dans la note E.P.1 du 23 septembre 1940 :

  • utilisation de formulaires spécifiques exclusivement imprimés et mis en vente par l'administration
  • interdiction d'ajouter des timbres-poste
  • interdiction d'ajouter des mentions en dehors de espaces prévus

    La quantité de cartes familiales échangées entre les deux zones n'est pas contingentée, mais les autorités allemandes pourront utiliser la rétention de circulation du courrier interzones comme moyen de pression sur le gouvernement de Vichy. Ainsi la note E.P.1 du 04 décembre 1940 relative au contrôle à exercer sur les cartes postales familiales indique que les autorités allemandes, ayant constaté que de nombreuses cartes étaient acheminées bien que présentant des irrégularités, menacent de "supprimer l'autorisation de correspondre par carte familiale entre les deux zones".

    Les types de cartes

    Des entiers spécifiques à la correspondance familiale interzones au type Iris, sans indication de valeur et avec des phrases-types à compléter sont mis en vente le 26 septembre 1940 en région parisienne. Ce modèle est utilisé jusqu'au 20 mai 1941. Etant le seul autorisé, il est diffusé dans les colonies françaises.

         
     

    Carte postale interzones au type Iris sans valeur envoyée le 4 octobre 1940 de la zone occupée vers la zone non-occupée. La censure postale allemande du centre de Francfort est tout à fait inhabituelle sur la correspondance interzones et résulte vraisemblablement d’une erreur d’aiguillage de la carte.

     
     

    Le 12 mai 1941, un nouveau modèle est mis en circulation. Toujours au type Iris sans valeur, il comporte 7 lignes de texte libre au lieu des phrases à compléter. Il est également diffusé dans les colonies.

    A partir du 2 juin 1941, les cartes postales ordinaires de type entier postal sont autorisées pour la correspondance interzones. En France les entiers suivants seront utilisés pour la correspondance familiale ordinaire:

  • Iris 80c
  • Pétain 80c
  • Pétain 80c avec griffe encadrée complément de taxe perçue (changement de tarif du 5 janvier 1942)
  • Pétain 1F20

    Des cartes ordinaires au type Iris et Pétain sont diffusés dans les colonies pour l'usage interzones mais des entiers locaux avec et sans surtaxe aérienne sont également utilisés notamment en Afrique du Nord.

    Usages particuliers

    L'apposition de timbres fiscaux

    L'interdiction d'apposer des timbres mobile souffrait une exception : l'apposition de timbres fiscaux pour authentification des documents adminsitratifs tels que les attestations d'état civil.

         
     
    Extrait d'état-civil authentifié par l'apposistion de timbres fiscaux envoyée par la mairie de Montauban (zone non occupée) à destination de Bordeaux (zone occupée) le 9 octobre 1942.

    Utilisation depuis la principauté de Monaco

         
     
    Les cartes envoyées de Monaco sont habituellement remises par les postes monégasques au bureau voisin de Beausoleil. Ici un exemple de carte au type Iris avec texte préimprimé envoyée de Monte-Carlo le 3 mai 1941.